La fin du tout nucléaire ?

Déchets nucléaires

Avec un tiers de nos centrales à l’arrêt, la prise de conscience du “tout nucléaire” devrait s’accentuer.

21 réacteurs sur les 58 que compte la France sont aujourd’hui à l’arrêt, soit plus d’un sur trois, laissant craindre un risque de pénurie d’électricité avec l’hiver qui s’annonce particulièrement froid. A cause d’une anomalie détectée sur une pièce fabriquée au Japon, le générateur de vapeur, dont l’acier serait fragilisé par un excès de carbone, l’Autorité de Sûreté Nucléaire  a exigé d’effectuer des contrôles rapides sur les centrales, arrêtant la production du tiers du parc. D’après EDF, les contrôles devraient être terminés à la fin de l’année. Il n’empêche. Le risque de manquer d’électricité n’est qu’un symptôme d’un mal beaucoup plus profond. L’alerte est sérieuse et se rappelle à notre mauvais souvenir de Tchernobyl et Fukushima…

La France a fait le pari risqué d’investir dans le tout-nucléaire. Cette vision à court terme a siphonné les investissements en faveur des énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien et nous a fait prendre un retard considérable dans notre indispensable autonomie énergétique. Et le fait qu’EDF se soit lancé dans des achats hasardeux en rachetant des sociétés d’électricité à l’étranger avec les fonds provisionnés pour rénover nos centrales n’est pas de nature à nous rassurer…

Cependant, le risque le plus sournois n’est pas une éventuelle fuite, voire une explosion. C’est le retraitement de tous ces déchets accumulés. La poussière qu’on dissimule soigneusement sous le tapis pendant qu’on amuse les citoyens avec des émissions de télé-réalité trash…  Les scientifiques aux ordres essaient bien de noyer le poisson avec des jargons complexes. Alors, on va se la jouer brève : Les cendres du combustible nucléaire, produits de fission, résidus de plutanium, d’uranium et autres joyeusetés, se séparent grosso-modo en deux familles : des isotopes « à haute activité », extrêmement radioactifs mais dont la vie est relativement courte. Et des déchets à vie longue dont l’activité est nécessairement moindre mais qui émettent pendant plusieurs siècles ou plusieurs millions d’années des rayonnements ionisants. Alors nos têtes d’oeufs ont envisagé de les enfouir. Pardon, de les “confiner dans des zones de stockage en couche géologique profonde”.  Cela consiste à les conditionner dans des containers en inox, eux même coulés dans des containers en béton, puis placés dans des alvéoles creusées dans des galeries à 500 mètres sous terre, entourées de couches d’argile. On  les place ainsi dans une formation géologique que l’on espère stable en interposant des barrières naturelles et artificielles entre les déchets et l’environnement. Mais ce mode de gestion ne repose que sur l’HYPOTHÈSE  que la rétention des déchets peut atteindre une durée suffisante pour assurer leur décroissance radioactive.

Bref, nous savourons notre confort de vie en espérant que nos descendants auront découvert entre-temps comment nettoyer nos poubelles. Et s’ils ne trouvent pas ? Après nous le déluge. Et toi, hypocrite lecteur, mon frère, qu’en penses-tu ?

Cette actualité rend étonnamment prémonitoire mon roman policier paru en 2007, Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (SOS déchets nucléaires). A travers mes polars réalistes où action, suspense, humour et sensualité font bon ménage, je cherche à distraire mes lecteurs tout en  éveillant leur conscience sur de lourdes problématiques de société. Personne n’a envie d’éprouver de la culpabilité en lisant des articles scientifiques ennuyeux. Alors, c’est la façon détournée que j’ai trouvée de contribuer  à protéger la planète et l’humanité.

Bernard Deloupy, décembre 2016

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s